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Article
tiré du mag guitare part spécial Iron Maiden
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Combien de fois, évoquant
Maiden au coin du feu n' ai-je pas vu se dessiner sur le faciès
de mes amis, je ne les fréquente plus, rassurez vous- un rictus amusé
? Maiden, groupe désuet a l' aube du troisième millénaire ? Eddie complètement
has been ? Un heavy metal d'un autre âge qui ferait piètre figure, comparé
aux Korn, Limp Bizkit et autres nouveaux metalleux? Si pour les uns, Eddie,
personnage immortalisé par Derek Riggs, est aussi ridicule que laid, pour
les autres, en tout cas, il n'est pas moins que l'incarnation bien vivante
d'Iron Maiden un visage aussi familier que celui de Madame Thatcher, en
plus sympathique, c'est sûr. Et Si le combo emmené par Steve Harris inspire
parfois la moquerie aujourd'hui, reste qu'il a vendu près de cinquante
millions d'albums en un peu moins de vingt ans Passé du statut de groupe
prometteur, associé bon gré mal gré à la New Wave 0f British Heavy Metal,
à celui de poids lourd international du heavy metal, Iron Maiden continue
de faire parler de lui. En 1995, année qui marquait le remplacement de
Bruce Dickinson par Blaze Bailey, Eddie gagnait tout à coup en réalisme
et se voyait tout à coup affublé de chair et d'os, sur une pochette (celle
de " The X-Factor ") qui allait choquer son petit monde. L'année suivante,
pour célébrer son vingtième anniversaire, Iron Maiden a sorti un " Best
of The Beast " devenu un achat obligé pour tout fan qui se respecte. Plus
récemment, dans le cadre de la promo de " Virtual XI ", les Anglais ont
à nouveau défrayé la chronique en substituant aux interviews et sessions
photos traditionnelles une série de matchs de foot qui associaient journalistes
et vétérans du ballon rond. Enfin, les inconditionnels vont pouvoir
se régaler avec un coffret douze CD qui révèle quelques surprises, notamment
virtuelles.
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Ainsi,
les mêmes qui voient dans Maiden un gang désuet, ridicule, has been, etc.,
devront reconnaître que pour un groupe issu de la New Wave 0f British
Heavy Metal, celui-ci fait preuve d'une vivacité étonnante. Une vivacité
-ténacité- que Maiden doit pour l'essentiel à la persévérance -certains
diront "obstination "- de son fondateur, Steve Harris.
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Destiné très tôt à la
carrière de footballeur, le bassiste et leader de Maiden, réalisant que
la discipline risquait d'être aussi drôle et passionnante que la vie d'un
légionnaire, se tourna vers la musique à l'âge de dix-sept ans. Finalement,
il allait y investir toute son âme, toute son énergie et tout son temps.
En presque vingt ans de carrière, Steve Harris s'est toujours montré ferme
et déterminé lorsqu'il s'est agi de faire avancer le groupe. Pour preuve,
quand les deux guitaristes en place aux débuts de Maiden émirent quelques
réserves à propos de l'arrivée de Dave Murray, Steve trancha. Il trancha
Si bien que le brillant lead guitariste qu'il avait imposé évolue encore
aujourd'hui au sein du combo anglais. Une décision dont se souvient l'un
des deux gratteux réticents, Dave Sullivan: "Je crois que je regretterai
toujours de ne pas en faire partie, par ce que nous étions là au début.
" (extrait de Run To The Hills, biographie officielle du groupe rédigée
par Mick Wall). Même chose quand il fallut se rendre à l'évidence à l'époque
de " No Prayer For The Dying "... Après le flop commercial de son album
solo intitulé " ASAP ", Adrian Smith ne semblait guère enthousiasmé par
la poursuite de l'aventure Maiden, d'autant plus que pour ce nouvel opus,
il n'avait guère le loisir de composer. En fin de compte, c'est une fois
de plus à Steve Harris, seul maître à bord, qu'allait revenir la lourde
tâche : "Si tu n'es pas à 100%, tu ne peux pas rester avec nous", dit-il,
bien emmerdé tout de même à Smith. De telles décisions, Steve Harris en
a prises un bon paquet tout au long de sa carrière, et c'est ce qui explique
la durée de vie exceptionnelle de ce groupe. En véritable commandant de
bord, il a toujours tenté de soustraire Maiden à la tentation de l'inertie,
une tentation qui en a fait plonger bien d'autres. A propos d'une prestation
de Maiden au Music Machine en 1979 aux côtés d'Angel Witch et de Samson
(aujourd'hui Camden Palace, Londres), le journaliste du magazine Sounds,
Geoif Barton écrit : " Le plus intriguant dans Cet événement, c'est qu'un
groupe tel que Iron maiden ou Angel Witch ait pu exister à cette époque-là.
" On n'avait effectivement rien vu d'aussi puissant en Angleterre, depuis
la vague hard-rock du début des années soixante-dix.
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A
priori, rien ne prédestine Steve Harris à la carrière de musicien, encore
moins à celle de leader d'un groupe de metal. Chez lui, personne n'est
musicien et ses trois sœurs en sont encore aux Beatles et à Simon and
Garfunkel. Quant à lui, son truc, c'est le sport, plus particulièrement
le football. Dès l'âge de huit ans, Steve est déjà un mordu. Deux ans
plus tard, il assiste à sa première finale de Coupe du monde, qui oppose
justement l'Angleterre à l'Allemagne de l'Ouest en 1966. Malgré sa petite
taille, il est même tellement doué qu'on le recrute dans l'équipe de West
Ram. Un écueil pourtant, et quel écueil : en découvrant tour à tour Black
Sabbath, Led Zep, Jethro Tull, Genesis et King Crimson. il se découvre
également de violentes envies de respirer. Sortir avec des nanas, écouter
des disques, boire des coups avec les potes... Pas franchement compatible
avec la discipline imposée par la perspective d'une carrière footballistique.
Pour Steve Harris, apprenti-footballeur, c'est le cauchemar. Vu qu'il
n'a jamais envisagé d'autre possibilité, le voilà tout à coup sans but.
C'était sans compter avec la musique.
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Après
avoir envisagé la batterie -trop bruyant- puis la guitare acoustique -pas
son truc, Steve s'achète une copie Fender Bass, sur laquelle il apprend
les quatre accords de base, avec l'aide de son ami, Dave Smith : Mi, La,
Ré, Sol. C'est le début de sa carrière de musicien. Au menu, des reprises
de Deep Purple (Smoke On The Water) et de Free (Ail Right Now) notamment,
Paranoid de Black Sabbath, restant pour lui techniquement inaccessible.
Avec Smith, Steve forme son premier groupe baptisé Influence, qui joue
essentiellement des reprises. Cependant, l'expérience sera de courte durée,
faute de conviction. Sur ce, Harris, plus motivé que jamais, rejoint Smilet;
groupe semi-professionnel qui évolue déjà sur le circuit des clubs locaux,
distillant un rock mâtiné de blues, dans la lignée de ZZ Top ou Savoy
Brown. C'est l'occasion pour Steve Harris de placer ses premières compos,
dont Innocent Exile, qui figurera sur " Killers ", et Burning Ambition,
qui sera sélectionné en face B du single Running Free. Malgré tout, très
vite, Steve Harris réalise que sa marge de manœuvre est réduite faut dire
qu'aux yeux de ses coéquipiers, ses nouvelles compos sont pour le moins
complexes... Une fois de plus, donc, Harris quitte le navire, suivi par
Doug Sampson, pas prêt à s'embarquer immédiatement dans une autre aventure
musicale, malgré l'invitation de Steve.
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Qu'importe,
l'ancien futur footballeur maintient le cap et réunit au bout de quelques
semaines le premier line-up d'Iron Maiden Steve à la basse, Ron "Rebel"
Mattews à la batterie, Paul Day au chant, Terry Rance et Dave Sullivan
aux guitares. A l'origine du nom, un instrument de torture vu dans L'Homme
au masque de fer (la version de 1939). C'est loin d'être gagné pourtant,
puisque dans les dix-huit mois qui suivent, Steve Harris doit perpétuellement
réviser le line-up. Dennis Wilcock, lui aussi issu de Smiler, remplace
Paul Day au chant une arrivée qui ne facilite pas les choses, Wilcock
se plaignant des deux guitaristes en place, qu'il aimerait bien voir augmentés
d'un pote à lui, un certain Dave Murray. Excellent, à ce qu'il parait...
A ce stade-là, la présence de Wilcock fait un bien fou à la Vierge de
fer, car il se donne à 100%, en particulier dès qu'il s'agit de monter
sur scène. C'est précisément ce qu'il manquait jusque-là au groupe : une
personnalité.
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Reste
à régler le problème 'Dave Murray". Pour commencer; les deux guitaristes
en place, pas chauds pour accueillir un six-cordiste, quittent le groupe.
Après une audition fracassante, durant laquelle Murray joue Prowler, Steve
donne son agrément. Curieusement, Murray ne fait pas long feu, Bob Sawyer,
le nouveau second guitariste ayant réussi à semer la zizarrie entre celui-ci
et Wilcock. Laminé, Murray rejoint le groupe Urchin, où évolue un pote
à lui, Adrian Smith.
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Période
extrêmement difficile pour Iron Maiden non seulement l'Angleterre s'enflamme
avec l'essor du courant punk, mais le combo metal continue de voir défiler
les candidats. Désespéré par les changements de guitaristes, Harris recrute
finalement Tony Moore, aux claviers, ce qui fait fuir Tony Wrapram, successeur
de Bob Sawyer, alors remplacé par Doug Sampson, tandis que Murray est
réintégré dans ses fonctions. Un vrai bordel quoi. Tout n'est pas noir
pour autant, puisqu'au cours de l'année 78, Iron Maiden tombe enfin sur
LE chanteur, un certain Paul Di'Anno. L'exact opposé de Steve Harris,
puisqu'il est complètement punk, tant dans ses influences (Sex Pistols,
Clash, Damned) que dans l'attitude ou dans le look. Lors de l'audition,
il racontera même un gros baratin, histoire de faire plus convaincant.
Sur scène, à l'inverse de Wilcock, Di'Anno n'emploie aucun artifice qui
rappelle de près ou de loin les effets à la Kiss, mais se donne à 200%
(mieux que Wilcock!). En fait, c'est le dernier candidat auquel Maiden
aurait pu s'attendre et voilà qu'il fait un malheur; Et puis, vu la déferlante
punk qui secoue l'Angleterre, Di'Anno représente une belle occasion d'attirer
l'attention sur ce combo metal.
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Lors
du printemps 79, iron Maiden dégotte le mega-plan, à savoir une participation
au concert " Heavy Metal Crusade ", organisé par le DJ Neal Kay. Manifestation
à laquelle participent également Angel Witch et Samson. Une soirée mémorable
qui inspirera à Geoff Barton, journaliste au Sounds, la formule " New
Wave 0f British Heavy Metal". " Nous avons lancé la chose et la réponse
que nous avons obtenue, tant des lecteurs que des autres groupes, fut
phénoménale. Il était évident, quel que soit le terme employé, qu'il se
passait quelque chose. Tout à coup semblait émerger toute une pléiade
de jeunes groupes de metal. Bien sûr ils ne méritaient pas tous autant
d'attention que des groupes comme Iron Maiden ou Def Leppard, mais le
seul fait de les voir se lancer là-dedans constituait un événement", rappelle
Barton dans la bio officielle du groupe.
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Cela
dit, Steve Harris reste persuadé que pour le moment il est inutile de
faire appel aux maisons de disques car les contacts qu'il a eus avec celles-ci
ont toujours été négatifs : on pouvait envisager quelque chose, à condition
que le groupe change de son. Autant dire une chimère, Harris étant convaincu
de la qualité et de l'unicité de sa musique. Résultat : le groupe enregistre
une démo quatre-titres aux studios Spaceward (Cambridge) ; une démo non-mixée,
après que l'original eût été malencontreusement effacé. Objectif premier:
attirer un plus large public à leurs concerts. Cependant, la cassette
fait son chemin et tombe entre les mains de Rod Smallwood, manager de
son état, mais qui vit alors une période sombre (rupture avec son groupe
et avec sa copine) se consacrant principalement au rugby. A force de l'écouter;
celui-ci est totalement séduit et parvient à orgarniser un concert au
Marquee. Un concert par ailleurs boudé par les maisons de disques, à l'exception
d'EMI qui signe le groupe quelques semaines plus tard. Miracle Et champagne
Dès lors, Rod Smallwood deviendra le manager attitré et quasiment le sixième
membre du groupe.
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L'année
80 verra à son tour défiler les musiciens au sein de Maiden : en janvier,
Stratton remplace Parsons, tandis que Sampson, malade, laisse sa place
à Clive Burr. En octobre, Stratton à son tour jette l'éponge, donnant
ainsi sa chance à Adrian Smith, le pote de Dave. Pourtant, cette année
reste un grand millésime puisque Maiden fait une prestation live (c'est
la première depuis les Who huit ans plus tôt) dans l'émission Top 0f The
Pops. Deux mois plus tard, le combo anglais sort enfin son premier album
éponyme, une bombe qui se hissera à la quatrième place dans les charts
britanniques. Autre événement, la sortie du single Sanctuary, dont la
pochette immortalise Eddie, la mascotte de Derek Riggs, triomphant au-dessus
d'une Madame Thatcher exsangue. D'ailleurs, quelques mois plus tard, la
Dame de fer aura son droit à sa revanche puisque la pochette du single
Women In Uniforn montre Madame Thatcher munie d'un flingue et prête à
descendre Eddie. Une pique lancée aux autorités après la censure qui touche
la pochette de Running Free. "Killers ", qui sort l'année suivante, marque
l'essor international de Maiden. La tournée intitulée " Killer World Tour
" compte une quinzaine de pays, Europe et Japon notamment, où ils jouent
à guichets fermés. La Vierge le rendra aux Nippons avec un EP live. Voilà
les Anglais tout à coup hissés au rang de rock stars. Aux Etats-Unis,
le groupe assure une tournée honorable, malgré le scepticisme des radios,
et vend pas moins de 200 000 exemplaires du deuxième opus. Au sein du
combo, pourtant, il en est un qui commence à péter les plombs... Le plus
punk de la bande, Paul Di'Anno consomme sans compter alcool et cigarettes,
également un peu de coke et de speed. Ainsi, les dates allemandes plus
particulièrement prennent des allures de débâcle, alors que le chanteur
rate une bonne partie des rendez-vous scéniques. Finalement, la décision
s'impose : Di'Anno est remercié. Son remplaçant, Bruce Dickinson, n'est
pas tout à fait un inconnu puisqu'il faisait partie de Samson avec Clive
Burr et qu'il a partagé l'affiche avec Maiden aux tout débuts. A cette
époque du reste, il se faisait appeler Bruce Bruce. Quoi qu'il en soit,
le style de Dickinson est radicalement différent de celui de son prédécesseur.
Nettement moins punk dans l'attitude comme dans le chant (sa voix couvre
plusieurs octaves), il sera longtemps associé à l'histoire de Maiden.
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Produit
par Martin Birch qui officiait déjà sur le précédent album, " The Number
0f The Beast", paru en 82, fait un véritable carton en Europe (il est
numéro un en Angleterre) et décroche une 33e place dans les charts américains.
Le succès de Maiden est tel que le groupe s'installe aux Bahamas, afin
d'échapper aux taxes anglaises, avant d'entamer une tournée triomphale
aux Etats-Unis.
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L'année
suivante, Clive Burr quitte la formation (décidément, c'est une tradition
chez les Maiden), aussitôt remplacé par Michael Nicko McBrain (ex-Trust,
eh oui, vous ne rêvez pas : LE groupe de hard français des années soixante-dix,
le seul à avoir partagé l'affiche avec Maiden l'année précédente).
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Un
choix plutôt curieux, vu la réputation de l'animal, fêtard invétéré mais
comme l'explique Steve Harris, Nicko a beau péter les plombs, lorsqu'il
s'agit d'assurer dans le boulot, il s'avère être très fiable. Sans compter
que, comme le montre le " Piece 0f Mind ", sorti l'année suivante, le
batteur possède également un authentique talent de chanteur. Enfin, l'arrivée
de Nicko McBrain marque surtout le début d'une longue période de stabilité
côté line-up.
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En
84, " Powerslave ", enregistré aux Bahamas, toujours sous l'égide de Mratin
Birch, représente l'apogée du groupe. Considéré pendant longtemps par
Steve Harris comme le meilleur album de Maiden, il est suivi d'une tournée
extraordinaire, baptisée "World Slavery Tour ", qui durera quatorze mois
avec en point d'orgue des dates californiennes et londoniennes à guichets
fermés. Une tournée à ce point réussie qu'elle est immortalisée sur le
" Live After Death ", classé numéro 2 en Angleterre notamment.
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Avec
les albums suivants (" Somewhere in Times" en 86, puis " Seventh Son 0f
A Seventh Son " en 88), Maiden profite de son succès pour élargir ses
horizons musicaux. Période hautement expérimentale donc, qui voit entrer
sur scène les synthétiseurs, et qui marque une évolution sensible dans
le songwriting, désormais plus adapté aux ondes. Aux Etats-Unis, Maiden
est désormais adulé quant au reste du monde, il est toujours sous le charme.
En Angleterre, notamment, où il compte trois singles classés dans les
charts (Can I Play With Madness?, The Evil That Men Do, et The Clairvoyant).
Côté scène, Maiden continue à remplir sans aucun problème les stades et
arènes et partage l'affiche avec Kiss, les Guns, Anthrax, David lee Roth
notamment dans le cadre des Monsters 0f Rock, devant près de cent mille
spectateurs. Cependant, pour la tournée américaine, il semble que le groupe
opère une sélection plus pointue des dates. Peut-être le signe d'une certaine
lassitude...
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L'année
suivante, les musiciens s'accordent l'impossible : le repos. Enfin, un
repos plutôt relatif, puisque Adrian Smith et Bruce Dickinson en profitent
pour plancher sur leur album solo. A vrai dire, l'album du guitariste
surprend tout le monde (le groupe et les fans) par sa couleur mainstream,
tandis que " Tattooed Millionaire ", pour lequel Dickinson a fait appel
à un certain Janick Gers, et qui renvoie directement au hard-rock seventies,
s'avère être un succès. Bruce Dickinson " Janick Gers, un de mes amis,
n 'avait plus de boulot depuis quatre ans; il envisageait de vendre son
matériel et d'abandonner la guitare. Ça me foutait les boules parce que
je savais que c 'était un guitariste plutôt sérieux. Donc on s'est retrouvé
et on a fait cet album en dix jours."
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Chose
peu surprenante dans ce contexte, Adrian Smith quitte le navire pour former
son propre groupe, ASAP aussitôt remplacé par... Janick Gers. Un départ
douloureux, Smith ayant beaucoup apporté au groupe en matière de songwriting,
mais inéluctable, Maiden ne pouvant se contenter d'un musicien à demi
motivé.
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L'album
suivant, intitulé " No Prayer For The Dying " obtient d'excellents scores,
malgré des critiques très partagées. Faut dire qu'en ce début de décennie,
d'autres groupes de metal attirent l'attention, parmi lesquels Metallica
et Slayer. Epoque difficile donc, d'autant plus qu'après la sortie de
" Fear 0f Ihe Dark " en 92, Bruce Dickinson décide de poursuivre une carrière
solo, encouragé par le succès de " Tattooed Millionaire ". Départ attendu,
mais qui à nouveau place Maiden dans une position peu confortable et surtout
incertaine.
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Parmi
les fans, ils sont nombreux à penser que la bête n'a plus d'avenir. "
Quand Bruce est revenu de sa tournée solo, j'ai réalisé qu'il n'avait
plus sur scène la même flamme qu'avec son propre groupe. Il avait l'air
de faire semblant. Donc je lui ai demandé s'il était toujours heureux
et il m'a assuré qu'il était à 100% avec nous. Je pense que c'était vrai
pendant les sessions de "Fear 0f The Dark". L'ironie, c'est qu'à ce moment-là,
j'ai eu l 'impression qu'il était davantage avec nous et pendant la première
partie de la tournée, ses performances n'avaient jamais été aussi bonnes"
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En
janvier 94, après moult auditions, Maiden dévoile le nom du remplaçant
de Bruce. Il s'appelle Blaze Bailey et officiait auparavant au sein d'un
groupe de Birmingham appelé Wolfsbane. A vrai dire, ce n'est pas une surprise,
Steve Harris ayant dès 1990 (les deux formations partagent l'affiche lors
de la tournée anglaise) fait part de son admiration pour le chanteur.
" J'avais l'habitude de l'écouter s'entraîner chauffer sa voix avant les
concerts, et je savais qu'en tant que chanteur il était capable de faire
beaucoup mieux qu'avec Wolfsbane. " En fait, Blaze l'emporte sur un autre
postulant, Dougie white, qui, visiblement, chante mieux que lui, mais
dont la voix ne convient sans doute pas très bien au groupe. " D'un point
de vue technique, Blaze n'est peut-être pas aussi bon que Dougie, mais
il se situe quelque part entre Bruce et Paul et je crois que c 'est pour
cette raison qu'il nous plaisait."
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Contre
toute attente, le public de Maiden réserve un accueil particulièrement
chaleureux au nouveau chanteur, tandis que de son côté Dickinson enregistre
un score honorable avec " Balls To Picasso", son nouvel album solo. "
The X Factor ", produit par Harris et Nigel Green, permet de rassurer
les fans. L'aventure Maiden n'est pas terminée, loin s'en faut. La pochette
fait même grand bruit car pour la première fois, Eddie la mascotte est
arrachée à l'univers de la B.D. pour subir un lifting hyper réaliste.
Il apparaît ainsi en chair et en os, assis sur une chaise pas franchement
confortable. Ça choque, bien sûr, et, dans certains magasins, on retire
carrément le disque. C'est bien la preuve de la vitalité du groupe...
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L'année
suivante, Maiden célèbre son vingtième anniversaire en sortant un " Best
0f The Beast", double CD assorti de deux chansons datant de l'époque "Soundhouse",
Iron Maiden et Strange World. Dernier album en date, " Virtual XI " paru
en1998, n'est pas passé non plus inaperçu, puisque le groupe a préféré
organiser une promo à caractère footballlistique plutôt que de répondre
à des interviews classiques. Résultat la Maiden team a écrasé l'équipe
française (composée pour partie de journalistes) par 6 à O. On ne leur
en tiendra pas rigueur!
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Alors
oui, lron Maiden fait parfois sourire aujourd'hui. Oui, Eddie passe volontiers
pour un personnage ridicule et vieillot. Reste que le combo fondé par
Steve Harris est toujours parmi nous, tandis que beaucoup d'autres n'ont
pas survécu aux années quatre-vingts. Pourtant, vu l'instabilité chronique
du groupe dans la première moitié de sa carrière, on pouvait miser sur
une disparition rapide. C'était sans compter avec la détermination du
bassiste. Une détermination qui le poussa à refuser la punkilisation du
combo à la fin des seventies, à se séparer d'Adrian Smith malgré sa contribution,
bref à toujours privilégier le groupe et seulement le groupe. Vingt ans
après ses débuts, Maiden is still alive, et continue à se décarcasser
pour offrir à ses fans le meilleur de la bête. Entre autres, un jeu vidéo
en 3D intitulé " Ed Hunter " et un coffret douze CD remasterisés, apportant
son lot de surprises : certaines pochettes ont été revisitées, notamment
celle du premier album, du "No Prayer for the Dying" et du "
Live At Donington" des titres ajoutés (Sanctuary sur " Iron Maiden ",
Twilight Zone sur " Killers ", Total Eclipse sur " The Number 0f The Beast").
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Et
le 12 février 1999, le navire Iron Maiden reprend à son bord Bruce Dickinson
et Adrian Smith sans pour autant licencier Janick Gers. Alors exit Blaze
Bailey et retour au line-up des années 80 avec un guitariste de plus.
Iron Maiden est donc de retour, dans la version rêvée par tous les fans,
avec en prévision une nouvelle tournée mondiale et un nouvel album pour
la fin de l'année.
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Pour
Iron Maiden, l'année 2000 fut un grand millésime. Avec la sortie du premier
album studio enregistré avec la nouvelle (ancienne) formation et suivi
d'une tournée mondiale, Iron Maiden retrouve sa place de leader au devant
de la scène métal. Brave New World est un album où le groupe ne pouvait
pas se permettre de faire un faut pas. Le défit est relevé et cette galette
passe à merveille. Un album qui dès les premières notes
de The Wicker Man nous font entendre le grand retour en force du combo
britannique. Suivi dans le même style bien rythmé The Mercenary,
The Fallen Angel et Out Of The Silent Planet. Puis dans un registre plus
mélodique, des morceaux comme Blood Brothers, Ghost Of The Navigator
Dream Of Mirrors ou encore The Nomad qui sont sans dont les plus accrocheurs
que Steve et sa bande n'aient jamais composé. Qui ne c'est pas
retrouvé à les fredonner sous ça douche, dans sa
voiture ou à tout autres endroits insolites. Un siècle se
termine avec, par la même occasion Le millénaire et Iron
Maiden passe le cap haut la main, sans une ride. Qui à dit que
la race des dinosaures était éteinte ?.
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A suivre...
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